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L'Etat de New York veut interdire la reconnaissance faciale dans les écoles jusqu'à 2022

Article paru dans usine-digitale.fr le 23 juillet 2020 par Alice VITARD


L'Etat de New York a adopté un projet de loi visant à interdire l'usage de la reconnaissance faciale dans les écoles jusqu'en 2022. Le gouverneur doit encore signer le texte pour qu'il soit définitif.

© Taylor Wilcox - Unsplash


La législature de l'Etat de New York, aux Etats-Unis, a adopté le 22 juillet un moratoire sur la reconnaissance faciale et autres technologies biométriques jusqu'en 2022.


LE MORATOIRE DOIT ÊTRE SIGNÉ PAR LE GOUVERNEUR


Le projet de loi, qui doit encore être signé par le gouverneur, Andrew Cuomo, est une réponse à l'installation de dispositifs de reconnaissance faciale par le district scolaire de la ville de Lockport. D'après Venture Beat, il s'agit du premier Etat américain à vouloir réglementer l'usage de cette technologie spécifiquement dans les établissements scolaires.


En janvier dernier, les écoles de Lockport sont devenues parmi les premières aux Etats-Unis à adopter la reconnaissance faciale dans tous les établissements de la maternelle au lycée, qui accueillent environ 5000 élèves. Cette technologie, conçue par le Canadien SN Technologies,  permet d'assurer la sécurité des écoliers en détectant la présence d'individus dangereux. Elle peut également repérer la présence d'armes à feu et alerter le personnel administratif et les forces de l'ordre. Elle coûte 1,4 million de dollars.


LA CRAINTE D'UNE GÉANTE BASE DE DONNÉES PIRATABLE


Mais ce dispositif n'est pas du goût de tout le monde. Certains craignent que cette technologie soit utilisée pour surveiller tous les élèves et entraîne la constitution d'une énorme base de données biométriques susceptible d'être facilement piratée. "Une fois que nous autoriserons la technologie de reconnaissance faciale dans les écoles, cela ouvrira la porte à des millions et des millions de dollars dépensés par l'État pour une technologie dont la fiabilité, la précision et la valeur sont vraiment discutables par rapport aux risques liés à l'utilisation de cette technologie, à la protection de la vie privée, aux faux positifs et à bien d'autres choses encore", a déclaré Monica Wallace, membre de l'Assemblée de New York, à l'origine du projet de loi adopté aujourd'hui.


Il y a un mois, la New York Civil Liberties Union a déposé une plainte contre les écoles de Lockport au nom des parents d'élèves inquiets. L'association s'est donc félicitée de ce moratoire. "La reconnaissance faciale est notoirement inexacte, surtout lorsqu'il s'agit d'identifier les femmes et les personnes de couleur. Pour les enfants, dont l'apparence change rapidement au fur et à mesure qu'ils grandissent, la précision des technologies biométriques est encore plus douteuse. Les faux positifs, lorsque le mauvais élève est identifié, peuvent entraîner des interactions traumatisantes avec les forces de l'ordre, une perte de temps de classe, des mesures disciplinaires et éventuellement un casier judiciaire", a argué Stefanie Coyle, membre de l'association en charge des politiques éducatives.


LA JUSTICE FRANÇAIS DIT NON À LA RECONNAISSANCE FACIALE DANS LES LYCÉES


La question de la reconnaissance faciale dans les écoles s'est également posée en France. Le conseil régional de la région PACA avait autorisé la mise en place d'un portique de sécurité utilisant la reconnaissance faciale à l'entrée de deux lycées du Sud de l'Hexagone. Attaqué par des associations et des fédérations de parents d'élèves, le dispositif avait finalement été annulé par le tribunal administratif de Marseille.



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